Jim Reaper Big Boss

Messages: 104 Date d'inscription: 18/09/2011 Age: 17 Localisation: In the dark room of my Manor ❦
 | Sujet: II - Histoires au coin du feu Lun 10 Oct - 21:40 | |
| Histoires au coin du feu - Chapitre 1 | Il était. Il était un autre monde dans un autre temps. Un monde sans nom, sans histoire, sans civilisation. La cime des arbres caressait les pics des volcans et l’eau brûlait les rivages. C’était un monde différent. La végétation poussait peu sur son sol, énormément dans les nuages dans un ciel rougeoyant, la majorité cours d’eau et les mers étaient à 38° et les quelques animaux qui y vivaient trouvaient cela très sympathique. Lorsqu’un jour, le lavis céleste d’un rouge sombre en cette heure tardive fut percé par un large trou de lumière au dessus de la chaîne de volcans de l’Est. En son centre tomba une tâche noire. Elle aurait dû heurter la roche de lave froide… Mais un rayon de lumière l’enveloppa et l’ombre se posa à terre sans un dommage. Dans le ciel, le rond lumineux s’était refermé. A présent c’était l’obscurité qui enveloppait les lieux. Les rares oiseaux qui paressaient dans les branches de chêne, ces arbres qui aiment tant paresser au dessus des gouffres de lave endormie, venaient de prendre leur envol et s’approchaient, intriguée, de la forme qui se détachait sur le gris de la nuit. Ils n’avaient jamais vu une silhouette pareille par chez eux … De quoi pouvait-il s’agir ? Dans un monde tel que le leur, ils n’avaient pas à être prudents. La curiosité les tua, matérialisée par une lame d’argent qui frappait aveuglément. La main qui la tenait tremblait de haine alors qu’elle s’élevait, mais elle se calmait dès qu’elle s’abattait, trouvant l’apaisement dans la mort qu’elle infligeait. Ce fut un carnage, le premier. Les cadavres de plumes entouraient l’inconnu. Il avait la silhouette qu’ont certaines créatures dans un monde voisin. Ces êtres qu’on appelle des hommes. Il leur ressemblait, mais n’étaient pas des leurs. Lui aussi, il était différent. Il projetait une lumière aux curieuses vertus mais une aura faite de noir et d’obscurité lui collait à la peau. Il était plein de haine et de colère. Il était comme un animal blessé qui dardait son entourage de regards furieux et méfiants. Cet homme était avide de vengeance. On ne savait pas ce qui lui était arrivé. Pourquoi il avait cette boule de plomb dans l’estomac qui tordait ses organes à le rendre fou de rage. Ce que l’on savait, et ça il faisait tout pour qu’on le sache, c’était qu’il en voulait au monde entier. Sans exception. Et surtout, qu’il allait se venger. Il conçut un plan. Un plan vaste, destructeur, terrible. Lui dont l’âme était brisée, il allait détruire la vie de centaines de personnes. Plus que l’ôter, il allait la gâcher. Et c’était sans doute bien pire. |
Histoires au coin du feu - Chapitre 2 | La vengeance. De nos jours, de nombreuses personnes sont kidnappées et déclarées disparues à jamais. Et pendant que notre système judiciaire s’activait à rechercher le criminel, aucun météorologue, pas un seul astronome, personne n’avait simplement jeté un coup d’œil en l’air alors que le ciel se perçait d’un trou de lumière éclatant, duquel tombait une ombre noire. Ombre qui descendait sur Terre et raflait les enfants et jeunes adolescents qu’elle croisait. Sages ou pas sages, ce personnage était machiavéliquement démocratique, il ne faisait pas la différence. C’était un vrai méchant, autre chose que le Père Fouettard ou que le Croque-Mitaine. Un méchant venu d’ailleurs. Il s’agissait de centaines d’enlèvements, au quatre coins du monde, aussi bien dans les villes que dans les champs. Certains furent regrettés, pleurés. D’autres disparurent sans qu’on les remarque, insignifiants qu’ils étaient. Peu importe leurs milieux, ils en arrivèrent dans un autre où ils n’étaient rien. Pourquoi seule la jeunesse était frappée? Il est tellement plus simple d'attirer la naïveté et la fragilité d'un jeune que de faire tomber dans le filet la robustesse et la force de l'homme mature qui s'entretient. D’autre part, cela était nécessaire. Car aussi bien leurs os, leur esprit d’enfants était plus simples à briser. Lorsque les jeunes gens arrivaient dans ce monde devenu sombre et ténébreux, lui qui autrefois était si rayonnant de pureté, ils étaient enfermés dans un bâtiment qui ressemblait à un temple coincé entre plusieurs modèles de civilisation. Les colonnes grecques, les voûtes romaines, toiture de tuiles, parquet de rossignol, on ne pouvait pas trancher de manière précise ses origines architecturales. Les enfants le nommèrent le Temple. C’était moins lugubre que la Prison. Les premiers arrivants y restèrent quelques mois. Les conditions étaient assez bonnes en vue de leur situation précaire, ils apprirent vite que crier et pleurer ne leur apporteraient strictement rien et qu’il valait mieux se taire, attendre et laisser faire. Et puis subitement, un jour, l’homme vint. C’était cet homme qui les avait amenés ici. Cela faisait un mois qu’il ne s’était pas montré pour apporter sa dernière proie. Les enfants l’entourèrent, intrigués mais craintifs. Leur sort à tous dépendait de lui après tout. L’homme sorti du noir ne fit que deux pas à l’intérieur du bâtiment. Il en ouvrit les lourdes portes et déposa les guirlandes de chaînes massives qui les maintenaient alors fermées. Et il prit la parole. Son discours ne fut pas long. Il leur expliqua d’un calme glaçant qu’ils étaient là pour former une nouvelle population. Celle de ses esclaves attitrés. Qu’il n’y avait pour eux aucune échappatoire, sinon la mort, et il leur promettait qu’elle serait longue et douloureuse. Il leur dit qu’ils n’étaient désormais rien de plus que sa propriété, et qu’il en ferait ce que bon lui semblait. Il leur dit qu’ils pouvaient quitter le Temple, aller ailleurs. Mais que tant qu’il serait dans ce monde, ils étaient sous son pouvoir. Pour ponctuer sa tirade, il fit trois pas en direction d’une jeune fille de 13 ans, la déshabilla et la viola sur place. Comme ça, d’un coup, sans motif précis, devant l’assistance dont l’âge allait de quatre à quinze ans. Et malgré ceux qui fermaient les yeux et se bouchaient les oreilles, tous sentirent dans leur chair les cris de la fillette et ses larmes sur ses joues. Lorsqu’il la laissa tomber par terre la loque de sanglots et de sang, il referma tranquillement son pantalon et s’en alla en laissant les portes ouvertes. Personne n’osa bouger, de peur qu’il ne revienne et n’attrape le premier qui passait pour le violenter. Seule la gamine rampa dans un coin et s’y roula en boule. Aucun ne l’approcha. Au final, tous restèrent dans le Temple. Ils avaient bien trop peur. Où seraient-ils allés de toute manière ? Des fois, l’homme passait. Laissait un sac, provisions de la semaine. Parfois, il emmenait un ou plusieurs enfants avec lui. Ou bien en ramenait un. Il fallut du temps aux jeunes gens pour oser sortir et aller se cacher dans les petites habitations de pierre. Certains s’étaient liés, pas forcément d’amitié mais bon, une sorte de solidarité les rapprochait. D’autres, souvent ceux qui étaient revenus du Manoir, cette grande bâtisse de pics noirs où vivait l’homme, s’enfermaient dans le silence et restaient solitaires. Quelque chose s’était brisé en eux, les autres ne pouvaient le comprendre. Seuls les plus craintifs étaient resté dans le temple, terrés dans les coins sombres, jusqu’à ce que l’homme ne les en sorte, après quoi ils s’en allait pour vivre en marginaux. Au fil du temps, ils « s’habituèrent » à leur condition. Certains avaient plus de visites que d’autres, certains restaient au Manoir. Mais ils survivaient, tout esclave qu’ils soient. Ils apprirent à faire avec, à se plier. Certains arrivèrent même à s’aimer et avoir des enfants. D’autres étaient plus opportunistes. Lors d’une première phase ils étaient restés effrayés et discrets, mais une fois cette période passée, ils se mirent au service de l’Homme en noir. |
Histoires au coin du feu - Chapitre 3 | La mise en place du Système.
L’homme ne resta pas longtemps une ombre anonyme et effrayante. Il opta pour un nom. Il devint Grim Reaper. Le Faucheur. Il vivait en Seigneur dans son Manoir, ne le quittant que très rarement. Il n’en avait plus besoin à présent qu’il avait sous ses ordres une milice prête à accomplir chacun de ses demandes. La Sbire Corporation s’occupait de tout. Et tant que Grim avait de quoi assouvir ses besoins, il était satisfait. La Sbire Corporation avait cependant un autre rôle. La mortalité était particulièrement élevée dans ce monde, et ça se comprenait. A ce rythme là, la population faiblissait beaucoup trop vite. De temps à autres, il fallait un peu de sang neuf. Or Grim ne voulait plus avoir à s’en occuper, aussi délégua-t-il cette tâche à ses Sbires. Il mit au point une règle universelle. C’était la seule possibilité qui s’offrait à lui étant donné ce qui lui restait de pouvoirs à présent. Cette règle devait permettre à ses gens de passer d’un monde à l’autre pour renouveler la population. Les passages étaient déjà nombreux, le problème n’était que de les ouvrir. Grim créa donc des clés. Ces clés d’or finement ciselées, des clés merveilleuses renfermant une quantité d’énergie fabuleuse. Il y mit une grande partie de son pouvoir. Le reste devait servir à la règle permettant d’invoquer les fameuses clés, ces clés qu’on appelle les clés du Chaire. Cette règle est très simple.
L’homme ouvre une porte en naissant. Il en ouvre une autre en mourant.
En d’autres termes, la naissance et la mort apportent une clé. Qui donne la vie, ou la supprime pourra quitter ce monde pour un autre.
Telle était la règle que Grim instaura, dans le plus grand secret. Seuls ses hommes étaient au courant, et tuaient joyeusement un habitant ou deux pour en kidnapper cinq ou six sur Terre.
C’est à partir de cette période que les habitants commencèrent à nommer l’endroit où ils vivaient. Ils le baptisèrent Other World. L’Autre Monde. Car pour eux, ce monde était d’avantage celui de l’Enfer.
Grim Reaper resta longtemps au pouvoir. Il eut officiellement deux fils. Les seuls assez futés et avides de pouvoir pour rester dans le Manoir et accompagner leur père dans la salle de bain. Ils s’entretuèrent très vite, lorsque Grim annonça au plus jeune qu’il comptait lui léguer le pouvoir. L’aîné aurait pu mourir de jalousie dans son coin, il décida d’emporter son frère avec lui. Comme ils étaient aussi volages que leur père, la lignée n’était pas perdue, il restait cinq enfants portant le nom des Reaper. |
Histoires au coin du feu - Chapitre 4 | Généalogie et succession.
Malgré ce qu’il incarnait, Grim était un être tout aussi mortel que ceux qu’il torturait. Aussi mourra-t-il. Ses enfants l’ayant précédé, ce sont ses petits enfants qui se disputèrent le trône laissé vaquant. Ils étaient cinq : Jake, Elisabeth, Jim, Lake et Angel. Trois garçons et deux filles. La logique voulait que ce soit l’aîné qui l’emporte. Mais voilà, lui et sa sœur haïssait ce monde. Ils haïssent ce système, cette vie, et n’avaient qu’une chose en tête : se tirer. Ils laissèrent donc leurs trois cadets se pouiller et quittèrent le Manoir dès que le cercueil fut en terre. Concernant Jim, sa petite sœur était folle de son frère, un peu trop d’ailleurs. Il en usait et abusait, faisant d’elle son amante attitrée bien qu’il n’y soit guère attaché. Quant à Angel, il aurait volontiers accédé au pouvoir, mais sn grand père ayant eut une soudaine lubie d’instaurer une religion qui complèterait son culte de la personnalité. Le séjour chez les Jésuites terriens avait profondément marqué le jeune enfant qui était rentré psychiquement détruit. Son adolescence à Other World ne lui fit pas beaucoup de bien et il sombra dans la folie. Ainsi son frère le manipulait complètement.
Jim n’eut donc aucun mal à se faire accepter en tant que successeur. Il avait en quelque sorte les trois pouvoirs dans sa main : il contrôlait la Sbire Corporation, sa sœur lui offrait tout son appui, et les messes de son petit frère chantait ses louanges.
Il se fit un plaisir de perpétuer les horreurs de son grand-père. Il réussit même à faire pire. Les Sbires raflaient toujours plus de gens, mais plus pour des raisons de démographie. Jim n’était satisfait que lorsqu’il lisait la peur et la souffrance dans le regard de ses victimes. Il voulait voir le nombre de son peuple grossir encore et encore, qu’il y est toujours plus de gens à souffrir et à pleurer dans ce monde qui maintenant était sien.
Ni Jake ni Elisabeth n’avaient calculé ça dans leurs plans lorsqu’ils étaient parti … Le poids de la culpabilité serrèrent leurs gorges et leurs cœurs lorsqu’ils découvrirent ce qu’il y avait à l’extérieur du Manoir qu’ils n’avaient jamais quitté. Ils se croyaient seuls martyres à supporter leur effroyable patriarche. Ils découvrir que la seule justice sur Other World, c’était que chacun avait droit à la souffrance. Par forcément la même quantité, mais dans les regards c’était la même tristesse. Cette culpabilité, ils ne désiraient pas la porter. Ils préférèrent la combattre. C’est pourquoi ils montèrent la Rébellion. |
Histoires au coin du feu - Chapitre 5 | Une découverte.
Lorsque Jake et sa sœur s’en allèrent, au tournant des rues ils croisèrent la réalité d’un monde cruel, mais ils firent aussi une découverte … Cela se passa le premier jour qu’ils passèrent en dehors du Manoir. Leur mise en contact avec la violence de l’extérieur fut rapide : ils assistèrent à la mise à sac d’une maison de bois et de chaume et le massacre de ses habitants. Ils étaient alors trop loin pour intervenir. Mais le spectacle ne leur échappa pas. Alors ils goûtèrent aux premiers symptômes de la culpabilité, car ils avaient très bien reconnu les Sbires, auteurs de ce carnage… Dans le tas, il y en avait certainement un dont les genoux avaient porté l’un d’eux alors qu’il était encore un enfant pour jouer.
Ils poursuivirent leur chemin. La seconde fois qu’ils aperçurent les hommes vêtus d’uniformes noirs, ils connaissaient la connotation morbide de leur présence. Ce jour là, ils se salirent méchamment les mains. Mais ils sauvèrent une vie, celle d’une jeune fille d’à peine treize ans aux cheveux blonds. Lorsque Jake prit sa main pour l’aider à se relever, il sentit un courant de chaleur lui traverser la poitrine et lui revenir dans la gorge, se répandant sur ses lèvres qui souriaient chaleureusement. Derrière lui, Elisabeth sentait la même tiédeur l’envelopper. Lorsque soudain, ce qui n’était qu’une douceur chaude se transforma en un courant électrique, se propageant dans tout leur corps et se figeant brutalement au niveau de leur poignet. Quand ils y jetèrent un coup d’œil, ils virent l’ombre fugace d’une clé imprimée sur leur peau qui se dissipa au bout de quelques minutes. Ils sentaient encore sa marque, comme si des aiguilles piquaient leur bras là où le dessin s’était formé.
Suite à cet événement, ils firent quelques recherches. Et ils découvrirent l’existence d’une autre règle universelle. Venue des temps anciens ou toute récente, ils ne le savaient pas, son auteur même demeurait un parfait inconnu.
Le bonheur ouvre toutes les portes.
Il existait donc un autre type de clé. Les clés de Cœur. Bien plus puissantes et capricieuses, chaque individu en possède un exemplaire unique fondu dans son organisme. Elle n’apparaît qu’aux rares privilégiés qui connaissent un bonheur véritable. Ce qui ne courent pas les rues ici bas. |
Histoires au coin du feu - Epilogue | Aujourd’hui, les deux forces s’affrontent. Les Rebelles contre les Sbires. Un schéma qui serait classique. Mais pas dans un monde comme Other World, non certainement pas. Ici tout est différent. Et vous aussi. Car il n’y a pas de blanc éclatant. Il n’existe pas de ténèbres d’un noir insondable. Ici, c’est le royaume du gris.
Quelle sera la teinte du votre ? |
CRÉDIT - CSS |
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