Un autre monde implique d'autres règles. Mais lorsque l'on passe d'un monde à l'autre ?
 
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 On devrait apprendre aux sales mômes le respect [Chizu]

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Brian H Fluchteschwert
Chef de troupe



Messages: 15
Date d'inscription: 05/11/2011
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MessageSujet: On devrait apprendre aux sales mômes le respect [Chizu]   Mar 15 Nov - 23:16


Les flammes dansaient tout autour d’un tas de corps inertes, dans ce qui restait d’un petit village des habitants de ce monde. Devant ce tas, une fillette, d’à peine quinze ans, pleurait. Et juste derrière elle, un homme imposant avait sa main, posée sur son épaule. Il lui disait de ne pas s’inquiéter. Car bientôt, elle les rejoindrait. Mais avant cela… Avant, elle devait donner un peu de sa personne. La main glaciale de l’homme commença à parcourir son corps…

Et Brian, héros de ce rêve morbide s’éveilla. Il était bien loin de ce village, mais cette splendide nuit lui avait donné envie de vite en trouver un aujourd’hui. Quelques maisons regroupées, et hop, c’était bon. Après, il n’avait plus qu’à tuer, avec ceux sous ses ordres, toute âme du village, se gardant bien une victime privilégiée, tout faire bruler… Rien n’était plus simple que ça ici. Certains pourraient dire que du coup, cela ôtait le plaisir. Pas pour Brian, en tout cas. Car ce monstre, lui, il pouvait tuer en toute liberté sans avoir à se cacher, en étant même félicité ! Pour lui, tout allait bien dans le meilleur des mondes. Chose qui aurait fait rugir de rage ce brave Voltaire. Mais Brian n’en avait cure : il ne connaissait même pas Voltaire.
Enfin, il avait d’autres choses à faire que de rêvasser à des massacres. Il avait à en prévoir justement ! Lui, et ses « hommes » étaient censés bientôt se rendre sur Terre, pour faire du réapprovisionnement. Mais bon, tous n’avaient pas encore des clefs de leur dernière visite dans un petit coin, à quelques heures de marches du château, très fertiles en civils agréables à tuer dans d’atroces souffrances.
Cette fois ci, ils n’iraient certainement pas aussi loin. On lui avait glissé quelques mots sur des fous qui osaient apporter un peu d’aide à ces rebelles infernaux.
Que les choses soient claires, Brian n’avait rien contre les rebelles. Il les appréciait même un peu. A la manière dont Obélix apprécie les romains en fait. A la différence que le rapport de force n’était pas toujours le même. Mais bon, ce qui n’était pas cool avec eux, c’était que généralement, une fois attrapés, ces mauvais joueurs ne se laissaient pas tuer, et encore moins pour les demoiselles, abuser. Et en plus de ça, comble du comble, ils essayaient, EUX, de te tuer. L’ordre des choses n’étaient pourtant pas ainsi. Brian était le prédateur, eux des proies, et l’on n’inversait pas les rôles.
Une fois la troupe levée à grands coups dans le derrière, injures, et autres marques d’autorités, tous se dirigèrent vers ce fameux foyer. Ils ne mirent donc guère de temps à l’atteindre, d’autant plus que Brian faisait marcher ses hommes au pas de course. Si l’un d’entre eux s’effondrait sur le sol de fatigue, il serait tué. Tous le savaient, aucun ne protestait. Car après tout, telles étaient les règles du jeu. Y en avait de plus mal loti, comme ces pauvres bougres à qui ils allaient rendre une petite visite amicale.
Le soleil était à son zénith alors que dans un grand fatras, ils stoppèrent nets sur la place du village. Personne. On les avait entendus arriver de loin apparemment. Tant pis. Brian se dirigea vers la maison la plus proche, ouvrit ce qui servait de porte en un grand coup de pied et se saisit d’une jeune femme l’occupant.

« Hey toi, je te laisse deux choix. Soit tu me dis où habitent les Hale, soit je te viole ici, et je te tue, et je viole ton cadavre, puis je tue les gamins qui se planquent, juste là… »

La réponse ne se fit pas attendre, et après avoir frappé pour le plaisir la petite dame, lui cassant le bras au passage, il se dirigea vers cette fameuse maison. Là, il fit signe aux autres d’entrer, pour qu’ils sortent les occupants, en un simulacre d’arrestation/condamnation.

« Bah alors mes jojos, on aide les rebelles il parait ? C’est pas bien ça… Dommage pour vous ! »

Y en avait que deux, une femme et un homme, d’une quarantaine d’année apparemment. Brian aurait bien tuer la femme, lui accordant de souffrir énormément durant cette exécution, mais deux de ses hommes, vous le savez déjà, devaient justement tuer afin d’obtenir une clef. Il leur fit signe, et bientôt, le couple s’effondra.

« Biiieen… Maintenant que ceci est fait, ne pourrait-on pas prendre un peu de plaisir dans ce coin de bouseux ? »

A peine avait-il fini qu’il reçut sur sa tête un caillou. De suite, il se retourna dans la direction qu’on lui avait lancée pour voir une fillette partir en courant.

« Celle là, elle est à moi ! »

Les autres ne comptaient pas lui disputer de toute manière. Il courut à sa poursuite, et se retrouva bientôt dans la forêt, toute proche de ce foutu village. Il l’avait perdu.

« Et merde la salope ! Je vais la baiser ! »

Se tournant dans tous les sens, il remarqua qu’une autre personne s’était cachée dans les bois. Et clairement pas l’autre fillette…

« Toi… »
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Chizu Jisatsu



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MessageSujet: Re: On devrait apprendre aux sales mômes le respect [Chizu]   Mer 16 Nov - 1:08

...
Est monté sur la Tour Eiffel
S'est élancé vers le ciel
Est retombé sur la chaussée
Son sang a tout éclaboussé
Les passants de sang tout tachés
Sont aller se faire détacher
Du moment qu'y des teinturiers
Faut bien les faire travailler


L
'innocente chanson du Vieux Monde, comme on appelait parfois la Terre, résonnait en boucle dans la tête de la jeune Chizu. Depuis sa dernière sortie à « l'Extérieur », elle avait gardé profondément gravé dans sa mémoire ces deux derniers paragraphes d'une ritournelle aujourd'hui oubliée de M. Lapointe dont le nom était tout aussi oublié que l'existence même de ses chansons. Elle se demandait bien où cet air s'était infiltré dans son oreille et pourquoi il s'y était fait un nid douillet et n'en délogeait pas. Pendant que la musique jouait un concert privé dans sa tête, la scène se visualisait dans son encéphale. Et bien que ses paupières soient closes, elle voyait le pauvre « Petit homme qui vivait d'espoir » monter les marches d'un édifice de fer et d'écrous, faire le saut de l'ange, et s'exploser sur le bitume comme un fruit mûr. Elle ressentait l'impact qu'il faisait en s'écrasant ainsi, elle avait la sensation que son sang qui giclait sur ses pieds nus. Et que, comme ces passants elle allait faire bosser le premier cul terreux à la recherche d'une petite pièce pour laver les taches d'hémoglobines, sans y accorder plus d'importance que ça. C'était comme ça que ça se passait ici en tout cas. Les gens mourraient, d'autres venaient et mourraient à leur tour. Celui chez qui vous voliez hier est décédé demain, vous lui piquerez deux fois plus de patates maintenant qu'il n'est plus là pour surveiller ses cultures. Ainsi va la vie à Other World, brève et éphémère.

Chizu en était perdue dans ses réflexions, ce bout de chanson dans la tête, assise sur sa branche. Oui, sa branche, elle venait d'en décider. C'est toujours pratique d'avoir un coin à soi un peu partout. Car ici, la demoiselle était en terrain inconnu : perchée dans un arbre à l'orée de la forêt, loin, bien loin des doux et familiers marécages. Ce qu'elle fichait là ? Elle cherchait de quoi apaiser pour quelques temps la douleur lancinante de son estomac affamé. Elle espérait tomber la cachette d'un quelconque rongeur, trouver un trésor de châtaignes et de noisettes. Au final elle s'appropria une branche, y posa son séant, et fredonna son air de musique les pieds se balançant dans le vide. Vêtue de sa chemise blanche, elle en avait retroussé les manches jusqu'au coude, et sa salopette, elle était donc pieds nus, une bande de tissu nouée à sa jambe à l'endroit d'une cicatrice et un foulard sombre autour du cou. Comme il faisait frisquet, elle avait fauché sur le chemin une veste de velours noir et un chapeau de feutre qui était négligemment posés sur le rebord d'une fenêtre. Les deux étaient épais et chauds, mais lourdement rapiécés. Ici les affaires changeaient rapidement de propriétaires qui les raccommodaient comme ils pouvaient.

Soudain, du bruit. Dans le style pas discret, et un peu inquiétant. Plus que du bruit : une vocifération.

« Et merde la salope ! Je vais la baiser ! »


La jeune fille jusqu'ici adossée au tronc se redressa et sembla porter un peu plus d'intérêt à ce qu'il entourait, bien que le regard qu'elle jetait sur les environs était assez blasé. C'est ainsi qu'elle vit une montagne de muscles en colère courir au milieu des arbres, et cinq mètres derrière lui, le fixant d'un regard apeuré, dissimulé derrière un buisson, une gamine d'à peine dix ans. Soit l'espérance de vie locale. Il ne fut pas très difficile pour la spectatrice haut perchée de distribuer les rôles. Un Sbire et sa proie, titre de la pièce : La chasse aux Innocents. Un chef d'oeuvre signé Destin, encore lui ce petit plaisantin qui fait la conquête que tous les publics confondus, le champion des oscars dans la vraie vie. Chizu fixa un instant l'actrice principale ... Le regard apeuré de la gamine croisa le sien ... Chizu n'était certainement le genre de personne qui s'inventait Défendeur de la veuve et l'orphelin à la demande. C'était donc la mauvaise personne à laquelle cette enfant lançait un regard implorant une aide au secours. En temps normal. Car Chizu avait encore bien en tête le sort que lui réservait le Sbire qui se baladait dans le coin ... Et ça, ça ne pouvait pas empêcher un petit flash back.

C'est pourquoi Chizu prit sur elle la décision d'intervenir. Elle poussa un léger soupir fatigué, sortit de sa poche une fronde et un galet, arma, et sauta par terre. Le Sbire entendit très facilement le bruit des feuilles sous le poids de la jeune fille et repéra son ombre derrière les fourrés.

« Toi… »
«Yes me. Tu permets qu'on s'présente ?»


E't la pierre vola, pan, dans l'oeil gauche. Dommage ... Elle avait visé l'oeil droit. Enfin qu'importe, le résultat était là. Après ça, il serait bien en colère contre elle et en oublierait l'autre petiote. C'était là le but de la demoiselle qui avait à peine achevé la rotation du poignet permettant le lancé de son projectile qu'elle avait volte face et s'en allait en sautillant comme un cabri. N'y voyez pas une grande insouciance, mais une moquerie visant à attiser la fureur de l'adversaire qui après pareille blessure a besoin d'un petit temps de repos d'ici que son oeil soit rétabli et qu'il puisse courser sa proie. Une fois que Chizu pu goûter à la douce mélodie des pas d'éléphants du Sbire, elle changea de pas de course et s'élança à foulées de gazelle droit devant elle, chantant à plein poumons sa chansonnette, slalomant entre les tronches et sautant par dessus les taillis, s'écorchant pieds et mollets, mais ça, elle avait l'habitude. Derrière elle, l'homme qui la coursait progressait façon bulldozer : la nature faisait place à cette force de la nature (pardonnez moi ce jeu de mot maladroit). Vint le moment fatal où à force de chanter la jeune fille ne pouvait plus respirer et où le grand baraqué gagnait beaucoup trop de terrain. Y avait pas trente-six solutions ... Chizu avisa un chêne centenaire, fonça dessus, courut sur le tronc à la verticale sur trois mètres, sauta, bras tendus ... Et attrapa une branche in-extremis. Un vrai saut d'écureuil qu'elle venait de faire là, c'était pas l'autre monstre et sa tonne de muscles qui pourrait en faire autant. Ce genre d'acrobatie nécessitait de la légèreté. Le tronc était trop épais et trop lisse pour qu'il puisse entreprendre une escalade directe. Là haut, Chizu était à l'abri, temporairement du moins. Depuis son perchoir, elle s'adonna à ses gamineries provocatrices.

«Bouh l'affreux, tu pourra pas v'nir m'cueillir ici, faudra atteindre que j'sois mûre. Dommage, c'pas la saison des poires mon pauvre petit chéri.»

Chizu Jisatsu, ou comment s'attirer des problèmes quand il fait beau dans le ciel ?

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Brian H Fluchteschwert
Chef de troupe



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MessageSujet: Re: On devrait apprendre aux sales mômes le respect [Chizu]   Mar 10 Jan - 11:42

Spoiler:
 


La trouble fête était une autre gamine, mignonne à croquer. Prenez la le sens premier du terme. Car Brian était parfaitement capable de commencer à bouffer la petite poupée qui se tenait là, devant lui. Il se demandait bien ce qu’elle foutait là, la sale peste, dans sa robe crasseuse. Il commença à s’avancer vers elle. Et bien entendu, il pensait bien passer outre l’étape des présentations. De toute manière, il était évident qu’elle en savait déjà assez sur lui.
Il ne vit pas la pierre arrivée dans son œil… Et il hurla de douleur alors qu’il la recevait. Cette fois, c’était décidé, tant pis pour l’autre gamine, ce serait celle-ci qui serait sa proie. EN plus, l’autre, elle devait être bien trop loin.
Brian se frottait l’œil gauche, et du droit, il surveillait l’autre peste. Celle-ci semblait être bien trop sûre d’elle, à sautiller comme ça. L’ignorante ! Dés que que œil gauche arrêta de pleurer, il se lança à la poursuite de la poupée blonde, qui de son coté, changea d’allure tout de même. Elle chantait une chanson débile, que l’homme n’avait encore jamais entendue. Et à la quelle il ne comprenait goutte. Faisant fi des obstacles, passant à travers les buisons comme s’ils étaient inexistant, il gagnait peu à peu du terrain sur la gamine. Plus que cinq petits mètres…
Quoi ! Elle avait grimpé en haut d’un arbre ? Et voilà qu’elle se foutait de sa gueule… S’en était trop pour le sbire.
Il ouvrit son manteau, dévoilant son torse musclé, mais surtout, son arme favorite : son mousquet.

« Je ne suis pas très patient que je pars à la cueillette. Les poires comme toi, je sais comment les faire tomber. »

En un grand sourire mesquin, il leva son arme, visa, tira. Le coup effleura la joue de la poupée. Sa deuxième balle effleura l’autre joue. Il aimait s’amuser au tir au pigeon.

« Je devrais sans doute viser ton œil gauche, salope… Cela équilibrerait les choses, tu ne crois pas ? »

Le sien d’œil gauche le faisait encore souffrir. Il était complètement rouge, et l’homme devait régulièrement le frotter, le fermer, le fermer…

« Bien sur, c’est dur de viser ainsi, alors, je risque peut être de me louper. J’atteindrais peut être d’abord ton œil droit… Puis tes oreilles, et que sais je encore… »

Un grand sourire sadique s’étalait sur son visage.

« Bien sur, si tu descendais là, bien sagement, cela te serait épargner… Je ne crèverais que ton œil gauche avant de te baiser par tous les trous. Après, tu m’expliquera ce que tu foutais là, et pourquoi as-tu aidé l’autre sale peste. Puis après… »


Après, il la tuerait, et il baiserait son cadavre, comment de bien entendu. Mais ça, il n’allait pas le dire. Sinon, c’était sûr qu’elle n’allait jamais descendre !
Déjà que là, elle ne semblait guère motivée. Entre nous, je la comprends parfaitement. Mais cela décevait grandement Brian. Ce sadique arma donc à nouveau son mousquet, et visa la jeune fille sur son perchoir.

« Tu ne veux pas ? Qu’importe, petit oiseau tombera de son perchoir ! »

Il n’allait quand même pas se laisser faire par une telle pute ! Il tira… Mais la jeune femme bougea, et évita son coup. Ce qui mit Brian hors de lui. Il détestait quand ses plats lui faisaient de la résistance ainsi. Sur le coup, il regretta de ne pas avoir de hache, sinon, il aurait déjà attaqué l’arbre.
Il revisa la gamine, et retira… Il n’avait pas fais dans le sentiment, et avait visé la jambe droite de la miss…
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Chizu Jisatsu



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MessageSujet: Re: On devrait apprendre aux sales mômes le respect [Chizu]   Ven 20 Jan - 20:11

Du haut de son perchoir, Chizu s'amusait du vilain chasseur resté sur le plancher des vaches. Qu'il était bon de regarder de haut ces Sbires, surtout quand ils avaient le mauvais gout de mesurer deux mètres de hauteur. C’était alors si plaisant de ne pas avoir à supporter cette supériorité physique et écrasante. Ainsi perchée, elle goutait à une plaisante vengeance contre la nature, ce qui n’était pas pour lui déplaire.
Par contre, lorsque le Sbire ouvrit son manteau, la jeune fille vit quelque chose de fort déplaisant … Une arme à feu, visiblement ancienne, mais qui devait faire de jolis trous malgré tout.

« Je ne suis pas très patient que je pars à la cueillette. Les poires comme toi, je sais comment les faire tomber. »

Chizu fit une grimace, tirant la langue … Pour le coup c’était sa joie provocatrice qui était tombée très bas … Question retournement de situation, c’était réussi. Le sourire qui animait ses lèvres avait migré vers le visage de la force humaine, mesquin et sadique. L’arme quitta le torse musclé pour la main de son propriétaire, le canon ouvrit sa bouche vers la demoiselle et cracha son venin plombé. Sa joue se déchira, le sang gicla, mais le pire fut évité. La jeune fille serra les dents à s’en casser la mâchoire …

« Je devrais sans doute viser ton œil gauche, salope… Cela équilibrerait les choses, tu ne crois pas ? »

Elle lui cracha dessus, le manquant malheureusement. Sa joue la lançait trop pour effectuer un crachat digne de ce nom. Mais elle savourait la douleur qu’il devait ressentir avec cet œil si rouge, si gonflé … A cette pensée Chizu retrouva un petit sourire mesquin, tandis que l’autre taré affichait une grimace sadique.

« Bien sur, c’est dur de viser ainsi, alors, je risque peut être de me louper. J’atteindrais peut être d’abord ton œil droit… Puis tes oreilles, et que sais je encore… »

Elle l’écoutait, à moitié crispée, à moitié souriante … Elle avait toujours trouvé les monologues des méchants pas beaux loquaces et risibles … Mais elle avait un peu trop mal au visage pour rire de toutes ses dents. Surtout que la situation n’était pas si drôle, même s’il ne pouvait pas la viser correctement, peut être qu’en effet il parviendrait à lui percer les oreilles à force de vider son flingue sur elle.

« Bien sur, si tu descendais là, bien sagement, cela te serait épargner… Je ne crèverais que ton œil gauche avant de te baiser par tous les trous. Après, tu m’expliquera ce que tu foutais là, et pourquoi as-tu aidé l’autre sale peste. Puis après… »

Alors là, Chizu rigola carrément, retenue par des râlements de douleur, mais le rire était là … C’est qu’il avait de l’humour ce coco là ! Ou encore beaucoup d’espoir … Quoique, l’espoir est chose rare à Other World. Non, le sbire n’était qu’un sale cynique, ils l’étaient tous d’ailleurs. L’insolente demoiselle compléta la réplique d’un ton provocateur :

« Puis après je m’allongerais sur le divan, je te raconterais ma vie pendant que tu abusera de moi, et on s’en ira main dans la main voir ce fêlé d’Angel Reaper ! Super programme, vraiment … Non, je ne me sens point mûre pour ça, la petite poire va rester dans son arbre … »

Et elle ponctua d’un doigt d’honneur en lui tirant la langue. La réplique ne se fit pas attendre.

« Tu ne veux pas ? Qu’importe, petit oiseau tombera de son perchoir ! »

L’arme se leva, mais simultanément Chizu se laissa tomber en arrière, évitant la chute complète en restant accrochée à sa branche en cochon pendu. La charge siffla dans l’air et alla s’écraser dans l’écorce de l’arbre. Elle ne prit pas le temps de le laisser recharger et se redressa aussitôt, debout sur son perchoir, enlaçant déjà le tronc principal pour grimper un peu plus haut dans la ramure. Le pistolet cracha de nouveau un jet d’étincelle et de fumée et Chizu sentit la morsure du fer qui chatouillait son mollet. Les larmes aux yeux, les dents serrées, elle continua de grimper, et s’assit sur une branche située un mètre cinquante plus haut que son juchoir précédent. Là haut, les feuilles masquaient bien d’avantage sa maigre silhouette, elle se permit donc de rester là pour faire le bilan des dégâts. La balle avait raflé cinq bons centimètres de peau, et assez en profondeur pour une balle qui ne faisait que passer. Cette jambe portait déjà la cicatrice blanche d’une balle similaire et était donc couverte d’un foulard noir. Le tissu avait été lui aussi troué, et était à présent rouge de sang. Il le fut plus encore lorsque la jeune fille s’en servit pour se poser un garrot.
En bas, le géant vociférait tout ce qu’il pouvait, enragé d’avoir perdu de vue sa cible, et probablement de l’avoir raté, puisque son oiseau n’était point tombé. Chizu n’avait même pas crié, jamais elle ne se serait permise de donner pareille satisfaction à cet enf… à ce vilain monsieur. Aussi ignorait-il sûrement qu’elle était blessée.

Il était impératif de rassurer ce brave garçon pour lui assurer que le petit volatile n’était point mort et que son cadavre n’était nullement resté coincé dans les branches, tout léger qu’il était.

« Et bien, au final on a pas tant à craindre des Sbires s’ils visent tous aussi bien que toi, le tit chef du ramassis de babouin ! Ils sont à ce point désespéré pour faire monter en grade des incapables comme toi ? »

Elle éclata de rire, mais cessa bien vite vue les douleurs que cela lui procurait. En voilà qui devait fulminer à gros bouillon … Coincé sur le plancher des vaches, n’ayant avec lui qu’une pétoire miniature des temps anciens, et incapable de viser pour lui trouer la peau, uniquement pour laisser de jolies estafilades pourpres. Ceci dit, la Civile n’était pas plus avancée, coincée là haut … L’un et l’autre avait un champs d’action des plus limités, et à part se lancer des provocations, il n’y avait pas grand chose à faire …
Le Sbire tira de nouveau, sans atteindre la jeune fille. En fait, il y avait quelque chose qu’il pouvait faire … Tirer à l’aveuglette en espérant lui plomber les fesses. Dans le feuillage, il ne pouvait que vaguement deviner la chevelure blonde et les pieds crasseux de la jeune fille. Mais elle même avait du mal à distinguer ce qui se passait sur la terre ferme, aussi ne pouvait-elle rien éviter … Elle se serra au possible contre le tronc …

Nouveau coup de feu.

Elle hurla …

Cette fois, il l’avait eut, et bien eut même. La balle lui avait traversé la voûte plantaire, lui trouant littéralement le pied … Les ongles enfoncées dans l’écorce, les dents crissant tant elles étaient serrées, Chizu retint un second cri … Les larmes roulaient sur ses joues, piquant sa plaie ensanglantée … En bas, le Sbire riait de toutes ses dents … Entre ses dents, la gamine marmonna :

« Saleté de Sbire … Raah … Enfant de putain … J’te tuerai … Je te jure que je vais te tuer … Connard … »


Spoiler:
 

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